Exposition Osamu Tezuka à Angoulême
Par
L’exposition consacrée à Osamu Tezuka est un événement en soi : plus de 200 originaux sont présentés, planches de manga, illustrations et celluloïds.

Incontournable pour ce qu’il a apporté à la bande dessinée nippone et au monde de l’animation, les Japonais surnomment Osamu Tezuka : Manga no kamisama, « Le Dieu du Manga » [1]. Inventeur du manga moderne [2], il a produit environ 170 000 pages et est le père de plusieurs héros emblématiques [3] devenus chers aux japonais.

Né en 1928, il connut la Seconde Guerre mondiale, ce qui conditionna une appétence pour des thématiques fortes qui vont imprégner ses productions : un solide engagement contre la guerre, le respect de la nature, de la vie et de toutes les créatures, et un profond scepticisme envers la science et la civilisation. Les films (Chaplin...), les dessins animés (Disney, Popeye...), les livres en provenance des États-Unis l’influencent fortement.
Il suivit des études de médecine, dont il sortit diplômé, sans cesser de dessiner, et devint rapidement professionnel. Sa narration fit évoluer les récits destinés aux garçons et aux filles. Ils marqueront des générations de lecteurs et permettront l’émergence de mangakas tels que Gô Nagai, Shotaro Ishinomori, Ryoko Ikeda et tant d’autres. Osamu Tezuka va ainsi nourrir l’imaginaire de millions de japonais. Il tenta l’aventure de l’animation en fondant Mushi productions puis Tezuka Productions. L’adaptation pour le petit écran d’Astro le petit robot, en 1963, aura beaucoup de succès. Ses créations les plus célèbres, Astro, déjà cité, mais aussi  Léo et Princesse Saphir, ont été diffusées à la télévision française.
Il s’aventurera aussi du côté de la bande dessinée adulte et plus marginale avec le magazine Com. Il adapta ses histoires à un lectorat plus âgé en réaction aux nouveaux mangas, qui paraissent créés parfois par d’anciens assistants, sous la bannière du gegika, ces mangas pour adultes où le sexe, la violence, les sujets de société, les tranches de vie sont traités dans un style plus réaliste, plus dur que les autres bandes dessinées.

Les histoires de Tezuka s’avèrent variées, intelligentes et touchantes, avec un trait qui s’adapte au ton ainsi qu’un travail de mise en page et de mise en scène recherché (cadrages audacieux, trouvailles graphiques pour appuyer certaines situations, personnages récurrents d’une œuvre à une autre, rythme trépident...). Le Dieu du Manga n’aura de cesse de s’améliorer, affinant son trait, devenant plus mature dans ses thématiques, explorant les noirceurs et les recoins de l’âme humaine, tout en interrogeant la société de l’époque avec une continuelle envie de se renouveler. Longue carrière, avec plus de 500 œuvres papiers, sans compter toute la production animes, les illustrations, le développement de merchandising...
Tezuka était venu dans les années 80 au FIBD. Il nous quitte en 1989 à Tokyo.

Cette exposition est co-réalisée par Stéphane Beaujean et Xavier Guilbert, avec l’aide de Tezuka Production. Elle se concentre sur les travaux de l'auteur situés entre 1950 et 1990. Les œuvres sont divisées par ordre chronologique et par thème. L’exposition se situe dans la salle un peu étroite et sombre qui a accueilli l’an dernier l'exposition consacrée à Kamimura.
Les planches, illustrations et celluloïds, sous verres, sont accompagnés de cartels à côté desquelles des panneaux touffus délivrent moult informations les contextualisant par rapport à leur époque. En regardant ces originaux, le travail de Tezuka et de ses assistants saute aux yeux : outre des traits maîtrisés, l'on distingue du collage, des retouches à la gouache blanche, des poses de légères trames, ou encore du scotch, tout cela modifiant ingénieusement les planches. Dès le début, on sent l’amour du japonais pour Disney, les frères Fleisher : des personnages élastiques, hyper expressifs, qui deviennent au fur et à mesure des décennies et du ton plus réalistes. L’ensemble des pièces présentées a plutôt bien vieilli. Les planches demeurent magnifiques, propres et éloquentes, sans que la compréhension de la langue originelle ne soit nécessaire.

Grâce à sa boulimie de travail, sa remise en question perpétuelle, et ses nombreuses expérimentations, tout en cumulant succès et échecs dont il titre des enseignements, Osamu Tezuka demeurera un artiste important qui aura plus que marqué son Art. Depuis 1971, une récompense à son nom est décernée tous les ans à un mangaka pour la qualité de son scénario.

Jusqu’au 11 mars 2018 au musée d’Angoulême.

[1] Dans le sens de "saint patron", pas d’un dieu monothéiste.
[2] Le manga est passé d’un ensemble de strips à un récit s’étalant sur une centaine de pages.
[3] Astro, le petit robot, Saphir l’héritière du trône pourvue d’un cœur de fille et d’un cœur de garçon, Léo, le lionceau courageux, Black Jack, le médecin marron talentueux, Phénix, l’oiseau traversant le temps et les époques à la rencontre de la destinée des humains.






Résolution #23 : Bricolage Saint Seiya
Par

— Mais qu’est-ce que c’est que ça encore !?
— Rassure-toi, je n’ai rien dépensé, c’est du bricolage maison.
— Et… c’est censé être quoi ?
— Une armure divine de Saint Seiya. Admire les finitions !
— Tu as pris quoi pour faire ça ?
— Heu… différents trucs qui trainaient…
— Mais encore ?
— La table de nuit, l’aspirateur, l’horrible vieux meuble hérité de ta grand-mère et qui encombrait le garage, le robot, là, censé faire des soupes et des jus de fruits, dont on ne se servait jamais, l’appareil à raclette, et quelques machins en trop.
— La commode lorraine de ma grand-mère ? Tu es sérieux ?
— Juste une partie, il me fallait de longues planches pour les ailes.
— Bordel, mais… et c’est quoi les « machins en trop » ?
— Des trucs que j’ai trouvés dans la maison et dont je n’ai pas pu déterminer l’utilité.
— Je rêve… t’es débile ou quoi ? Tu veux vraiment qu’on divorce ?
— Attends, tu vas comprendre, je n’ai pas fait ça pour rien. La Toei et Netflix ont annoncé… un remake de Saint Seiya !!
— Et ça implique que tu détruises les meubles et l’électroménager ?   
— C’est plus du recyclage que de la destruction, tu sais, je…
— Juste une question avant que je décide si je dois te foutre dehors ou te faire interner… à quoi il a servi l’appareil à raclette ?
— C’est le devant de l’armure, le plastron en quelque sorte. Alors, je suis ingénieux ou pas ?

Résolution #23 – initier ma compagne aux joies du bricolage : failed
Y, The Last Man
Par


Retour sur une excellente série, Y, Le Dernier Homme, qui conte les aventures mouvementées de Yorick, dernier représentant de la gent masculine dans un monde exclusivement peuplé de femmes.

Le label Vertigo est véritablement un vivier de comics culte (cf. cette encyclopédie) dans lequel l'on peut trouver des tonnes d'excellentes séries, couvrant de nombreux genres (SF, western, fantastique, polar...). Dans le lot, il serait dommage de passer à côté de Y, The Last Man, un titre surprenant et addictif.
Au scénario, Brian K. Vaughan (Runaways, Buffy, Saga). Les dessins sont de Pia Guerra.
Les premiers épisodes ont été publiés par Semic, puis Panini, avant qu'Urban Comics ne reprenne la main (et accessoirement les droits) et réédite le tout dans une intégrale Vertigo Essentiels.
Mais commençons par nous pencher sur l'histoire.

Yorick est un jeune homme charmant, un peu glandeur et passionné de tours de magie. Plutôt désordonné et maladroit, il a même du mal à s'occuper de son singe, Esperluette, qui n'hésite jamais à lui balancer quelques crottes à la tête. Le genre de type qui n'est pas franchement destiné à devenir célèbre. Pourtant, du jour au lendemain, il devient l'homme le plus convoité au monde. Pour la bonne et simple raison qu'il est - si l'on fait exception de son animal de compagnie - le seul mammifère mâle encore en vie sur la planète.
Ce monde post-apocalyptique dans lequel il va évoluer est donc entièrement constitué de femmes, ce qui a certes quelques avantages, mais aussi malheureusement de gros inconvénients.
De parfait anonyme, Yorick devient le seul espoir de survie de l'humanité. Flanqué d'une spécialiste en clonage et d'une experte en combat, membre de l'organisation secrète Culper Ring, il va devoir, à travers le pays et bientôt le monde, se mettre en quête de réponses tout en échappant aux pires dangers. Car si les hommes ont été éradiqués, leur folie n'a pas succombé avec eux. Ainsi, les Filles des Amazones, une organisation extrémiste, et même un commando israélien vont tenter de mettre la main sur... le dernier homme.


Vaughan développe ici un récit varié et passionnant. Malgré parfois quelques épisodes un peu "en dessous", il maintient un véritable suspense tout au long de la saga, riche en rebondissements bien amenés. Yorick ne manque pas d'humour, il fait des rencontres plutôt hautes en couleur, les dialogues sont très bons, l'action n'empiète nullement sur la psychologie des personnages, et l'on a droit en prime à quelques histoires d'amour et une explication du phénomène (à l'origine de la disparition des hommes) qui, si elle est un peu tirée par les cheveux, n'en reste pas moins présente (tous les auteurs ne s'en embarrassent pas forcément). Mine de rien, Vaughan aborde un paquet de sujets sociétaux (le clonage, le féminisme, la politique en général) et parvient à les éclairer d'une manière personnelle et pertinente.
Les dessins, s'ils ne sont pas désagréables, souffrent un peu d'une certaine simplicité par moments, en ce qui concerne notamment les décors. Les visages manquent également de diversité, difficile par exemple de s'y retrouver dans le paquet de jeunes femmes blondes qui jouent un rôle dans le récit.

Quelques défauts donc, qu'il est légitime d'évoquer, mais surtout un véritable bon moment de lecture, encore amplifié par une fin qui n'est pas avare de surprises et de chocs émotionnels.
Le scénariste livre en effet une conclusion forte, quelque peu dérangeante et amère, mais terriblement réussie. Contrairement à ce que pouvait laisser présager le ton parfois léger de la série (avec notamment le duo contrasté à la buddy movie, les vannes, et le graphisme, pas franchement "sombre"), ce final est une cascade de crochets au menton et de directs au bide, qui vous laissent sans voix, le souffle court et la gorge serrée. Du grand art.

L'intégrale des 60 épisodes de la série est disponible en cinq tomes de 320 pages, chez Urban Comics (28 euros pièce sauf le premier, à 22,50), le tout étant agrémenté de nombreux bonus.
Hautement conseillé.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un Vaughan parfaitement à l'aise sur ce récit fleuve.
  • Une thématique abordant de nombreux sujets de société.
  • Une conclusion couillue et émouvante.
  • L'humour.

  • Un style graphique souvent fade.
The Babe
Par


Nouveau projet de financement participatif avec The Babe, une BD tournée vers l'action et l'humour.

Les citoyens de Skin City, ultra-connectés, obsédés par leur image et se nourrissant de pilules pour maintenir leur ligne, vont être secoués par l'arrivée d'une super-héroïne aux arguments... de poids.

Pitch déjanté pour ce projet original, scénarisé par Mobias (Gregory Sand) et dessiné par Atlante.
L'ouvrage, de 68 pages BD plus une dizaine de pages bonus, bénéficie de planches vraiment abouties et d'une idée de départ résolument fun, mélangeant super-héros, humour et critique sociale.

L'équipe doit réunir 4000 euros pour financer la version papier.
Vous pouvez participer et découvrir un peu plus The Babe en vous rendant sur le site La Bande du 9.

Sur UMAC, on y croit à fond !




Grand dossier Watchmen
Par

Mise en ligne de notre grand dossier Watchmen qui revient bien entendu sur l'œuvre culte d'Alan Moore, mais aussi les préquelles Before Watchmen, l'adaptation cinématographique de Zack Snyder ou encore le passionnant Watching the Watchmen de Dave Gibbons.
Analyses, anecdotes, illustrations et même une parodie sont au sommaire.

Pour y accéder, rendez-vous dans la section dossier ou cliquez sur l'image ci-dessous.

Blankets : ce que la neige recouvre...
Par


S'il est un comic qui peut convaincre les plus réticents que la BD américaine peut proposer des œuvres magnifiques, bien éloignées des affrontements de super-slips, c'est assurément Blankets...

Craig habite une petite ferme du Wisconsin, avec son frère Phil et ses parents. Issu d'une famille pauvre et très pieuse, il est rejeté à l'école et subit les brimades des autres gamins. Entre un père fort sévère, des professeurs qui ne le comprennent pas et un baby-sitter pervers, Craig en vient à penser que le monde réel n'est qu'une longue suite d'horreurs. Alors il s'isole et s'évade en rêvant.
Et il attend les vacances d'hiver. La délivrance. Trois semaines sans école et, contrairement à l'été, sans travaux à effectuer aux champs. Dans cette région du Nord des États-Unis, la neige tombe tôt et recouvre tout d'une blancheur apaisante. Elle cache la boue, les ronces et la saleté. Elle modifie le paysage en profondeur et s'offre comme une feuille vierge sur laquelle projeter un monde meilleur, presque le paradis que l'on promet au camp paroissial.
Craig grandit, de gamin mal dans sa peau il devient un original, puis un artiste. Un jour, il rencontre Raina. Ce sera son premier amour. Un amour idéal, tendre, pur... mais qui ne dure qu'un temps. Comme la neige.

Craig Thompson, qui signe scénario et dessins, touche dans ce récit autobiographique à la fois au drame, à la romance légère et à la comédie de mœurs sans jamais vraiment forcer le trait ou tomber dans la facilité. L'auteur, pendant près de 580 planches, dépeint le monde de l'enfance ou les interrogations adolescentes avec une rare subtilité.
Les scènes dans lesquelles Craig partage son lit avec son petit frère sont d'une grande tendresse, à l'inverse celles qui prennent place dans leur école sont d'une cruauté impitoyable. C'est d'ailleurs l'époque la plus touchante tant Thompson parvient à atteindre ici quelque chose d'universel qui dépasse complètement les frontières de l'état nord-américain dont il est originaire. Les conséquences psychologiques d'un comportement qui pourrait paraître innocent sont notamment parfaitement dépeintes, avec par exemple une scène dans les toilettes qui se passe de mots et reflète la solitude et le désespoir de l'auteur, gamin à l'époque.


Si l'enfance est très contrastée, les moments de l'adolescence sont, eux, déjà plus doux-amers. Là encore la quête d'absolu et de sens du personnage nous renvoie à nos propres expériences. Les passages concernant la religion chrétienne - et notamment la communauté assez rigide de cette campagne un peu perdue - ont parfois été perçus comme une condamnation de la religion alors qu'ils sont plutôt prétexte à remettre en cause les dogmes, quels qu'ils soient, et à faire l'éloge de l'individualité (que l'on soit croyant ou non d'ailleurs).
Tous ces thèmes sont astucieusement mélangés et imbriqués les uns dans les autres. Thompson parle même de son art à plusieurs reprises et de nombreux éléments, comme la couverture (au sens "plaid") qui donne son titre au livre, évoquent la bande dessinée en général.
La force de Blankets ne réside toutefois pas essentiellement dans l'intelligence de son propos mais bien dans la force émotionnelle brute qui se dégage des planches. La réaction du père de Raina, lorsqu'il va jeter un œil à une photo, sans dire un mot, après l'avoir surprise dans une situation inhabituelle... ou celle des deux frangins, tout heureux d'avoir enfin des chambres séparées mais finalement pressés de se retrouver au cœur de la nuit... sont simplement magnifiques : tout est juste, délicat et parfaitement dosé. Quant au si intense premier amour, celui qui enivre et peut vous sauver comme vous perdre, rarement un artiste en aura donné une description plus exacte.

Surtout, l'immense Craig parvient à nous faire croire qu'il nous raconte sa vie alors qu'en fait, il nous parle de LA vie. Sans prétention et avec un véritable talent de conteur, il farfouille au fond de nos esprits et parvient à nous attendrir ou, peut-être même, nous rendre meilleurs pour un temps.
Reste à aborder le dessin. Bien que maîtrisé, chaleureux, plein de détails ou de trouvailles excellentes, il n'en demeure pas moins en noir et blanc. Donc tout de même un peu austère. C'est probablement lié, à la base, à un manque de moyens, mais l'on ne peut s'empêcher de penser que de légers pastels auraient permis de faire encore plus ressortir la blancheur de la neige (et donc de la séparer des autres éléments de décor).
Mais bon, on ne va pas en chier une luge non plus, donc on fait avec.

La version française est éditée par Casterman.
Un Grand Livre, de ceux dont on peut se servir comme d'un baume sur d'anciennes blessures.

Parfois, au réveil, les souvenirs laissés par un rêve sont plus beaux que la réalité, et on n'a pas envie de les oublier.
Craig Thompson



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • D'une douce et douloureuse mélancolie.
  • Un regard juste et dur sur l'enfance et les étapes menant à l'âge adulte.
  • Des dessins expressifs et chargés en émotion.
  • Une BD qui s'écarte des sentiers battus et dont le propos touche à l'universel.

  • Une version subtilement colorisée permettrait de faire ressortir l'élément principal de cette métaphore, à savoir la neige.
Identity Crisis
Par

Retour sur la saga Identity Crisis, peut-être l'une des plus poignantes histoires mettant en scène la Justice League.

La question qui revient le plus souvent chez les lecteurs souhaitant aborder les comics DC (ou Marvel d'ailleurs) est bien entendu le fameux "par quoi commencer ?"
Sous-entendu, "comment faire pour que ce soit facile ?"
La réponse est simple : c'est impossible. Un univers qui comporte des milliers de personnages, dont les relations ont été tissées pendant des décennies, à travers des centaines de séries, ne peut pas s'appréhender facilement. Il faut du temps avant de se sentir en terrain connu, donc l'on peut commencer par n'importe quoi en réalité. Il existe toutefois des sagas plus faciles d'accès que d'autres, non parce qu'elles vous dévoileront tous les secrets de l'univers DC mais parce qu'elles vont vous permettre de découvrir son potentiel sans que votre méconnaissance ne soit un frein.
La saga Identity Crisis fait partie de ses pépites, rares et d'autant plus précieuses.
Voyons déjà un peu le pitch.

Elastic Man est un héros. Mais c'est aussi le plus heureux des hommes depuis que Sue est devenue sa femme. Alors qu'elle a rencontré les plus grands, côtoyé Superman, Flash ou Batman, c'est lui qu'elle a choisi. Elle est sa "lady", toujours prête à lui concocter quelques surprises qu'il fait semblant de découvrir. Mais un soir, un drame survient.
Sue est assassinée alors que son détective de mari était loin de la maison familiale.
Tuer un Masque est une chose. S'en prendre aux familles en est une autre. Toutes les équipes se mettent en chasse pour trouver le responsable.
Lors de l'enquête, un terrible secret est découvert. Par le passé, certains membres de la JLA ont lobotomisé le Dr Light, un ennemi qui avait violé Sue et menaçait les proches des héros. Il se pourrait donc que le meurtre soit une vengeance.
Alors que l'étau se resserre autour de Light, d'autres secrets seront dévoilés, menaçant de faire exploser la JLA. Les attaques, elles, continuent. L'ex-femme d'Atom est agressée, Lois Lane menacée... cette fois, la JLA se bat pour protéger les siens !


Si ce récit est aussi bigrement conseillé, c'est avant tout parce que le scénario de Brad Meltzer est un modèle du genre. Cette histoire policière remarquablement bien ficelée, avec de jolies fausses pistes, est, comme le dit Joss Whedon dans son intro, particulièrement humaine. Elastic Man - pourtant pas le plus charismatique personnage DC - s'avère touchant. L'enterrement de Sue Dibny est déchirant. Le final, à la fois simple et tragique, encore plus. Bref, beaucoup d'émotion et une grande profondeur se dégagent de scènes parfois très dures. Surtout, l'on rentre avec une grande facilité dans l'intimité de ces encapés qui subissent des pertes ou s'inquiètent pour un père, une épouse ou un fils.
Si l'ambiance générale n'est pas forcément à la grosse déconne, l'auteur se permet quelques petites touches d'humour entre les crises de larmes. Et là encore, ça fonctionne plutôt bien. Notons également que les dialogues sont souvent très bons, à la fois fluides et justes (et d'un certain niveau littéraire, Green Arrow allant jusqu'à citer Diane de Beausacq).

Graphiquement, c'est du très beau (et très bon) avec un Ralph "Rags" Morales livrant des planches efficaces, dans un style plutôt réaliste. On peut éventuellement émettre une très légère réserve sur certains visages qui se ressemblent parfois un peu, mais bon on ne va pas chipoter. Certaines scènes sont tout bonnement magnifiques, l'enterrement de Sue, notamment, est particulièrement impressionnant. La colorisation d'Alex Sinclair est, quant à elle, une réussite également.
Enfin, la gestion des personnages est particulièrement habile, Meltzer parvenant à rendre attachants et psychologiquement crédibles des seconds couteaux peu connus du grand public (tout en se servant aussi, bien entendu, des têtes d'affiche). Aucune connaissance préalable n'est nécessaire pour pleinement apprécier ce whodunit super-héroïque, tendu et captivant, qui s'offre même le luxe de poser un problème moral qui dépasse le traditionnel "faut-il ou non buter les criminels ?".
Bref, un sans-faute au niveau de l'écriture et du dessin.

L'album a tout d'abord été (mal) publié par Panini, puis réédité chez Urban Comics, avec cette fois un soin évident, des bonus intéressants et en prime l'arc Mascarade, de Gerry Conway et Dick Dillin (bien plus vieillot narrativement mais proche au niveau de la thématique).
L'album est toujours disponible, dans la collection DC Classiques, au prix de 28 euros (pour 344 pages).

Une excellente histoire, profondément humaine et permettant de rentrer dans l'univers DC avec une étonnante facilité.
Très vivement conseillé.



+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Accessible.
  • Extrêmement bien écrit.
  • Poignant.
  • Qualité des dessins.
  • Bonus.

  • RAS.
Young Romance
Par
Komics Initiative lance un nouveau projet de financement participatif concernant la série Young Romance.

Si les comics sont très largement dominés par le genre super-héroïque aux États-Unis, la bande dessinée américaine couvre évidemment bien d'autres domaines, qu'il s'agisse du polar, de la SF ou, dans le cas qui nous intéresse aujourd'hui, de la romance.
Joe Simon et Jack Kirby, auteurs réputés ayant créé, entre autres, le personnage de Captain America en 1940, se sont essayés au registre sentimental entre 1947 et 1955 avec Young Romance. Cette série, qui connut un réel succès outre-Atlantique (certains numéros cumulant près de 2 millions d'exemplaires vendus), était relativement moderne pour l'époque et présentait notamment des personnages féminins forts et indépendants, ainsi que des récits matures et bien conçus.

Très peu d'épisodes ont été traduits en français, le titre restant plutôt confidentiel dans nos contrées. Néanmoins, un "best of" en deux volumes sortit aux États-Unis en 2009 chez Fantagraphics, après un énorme travail de restauration de Michael Gagné. Ce sont ces deux ouvrages US que Mickaël Géreaume se propose de traduire et publier, soit 38 histoires qui seront replacées dans l'ordre chronologique.

Le projet a été lancé sur Ulule, à cette adresse. Les souscriptions commencent à partir de 45 euros (l'album de 416 pages étant vendu à 50 euros par la suite). Plusieurs contreparties sont offertes aux participants : ex libris, badge, pack spécial contenant l'ouvrage Kirby & Me, version collector, etc.
Le livre bénéficiera d'une couverture cartonnée et d'un dos toilé.

Une série essentiellement inédite, écrite et dessinée par de grands noms de la BD, et qui bénéficiera d'un bel écrin, autant de raisons pour ne pas passer à côté, d'autant que les romance comics restent assez méconnus en France.


Le Sang des Héros, toujours disponible en version papier ou numérique !
Par


Voilà presque un an que Le Sang des Héros est sorti chez Nestiveqnen, et l’accueil que vous lui avez réservé est fantastique ! Non seulement le roman de Cyril Durr est resté en top ventes plusieurs semaines dans les centres Cultura, mais le magazine Lanfeust Mag en a dit le plus grand bien, affirmant notamment que la narration faisait penser aux meilleurs romans de… Stephen King.

Si vous n’avez pas encore plongé dans cet univers sombre et désespéré, n’hésitez pas à découvrir Kiera, Amber, Terry et Mike, maltraités par la vie aussi bien que leurs supérieurs hiérarchiques, harcelés par un télépathe psychopathe, poursuivis par un impitoyable capuchard, mais liés par une indéfectible amitié.

Découvrez ce qui se passerait si des individus dotés de pouvoirs apparaissaient massivement dans notre réalité. Le résultat pourrait bien... vous surprendre !

Depuis des années, on nous a vendu les pouvoirs comme étant un miracle de l’évolution. Une bénédiction, pour le bien de tous. La Voie des Dieux. Mais je ne vois de dieux nulle part. Juste quelques types déguisés, faisans leur show et… nous. Nous qui nous entretuons. Les pouvoirs n’ont pas généré des X-Men ou des justiciers masqués. Ils ont juste rendu le monde plus dur. 
Amber Benndis, suprahumaine de classe B.

Roman disponible également en Belgique, en Suisse et au Canada.






Liens directs






Versions numériques




Informations libraires
Diffuseur France : CED
Distributeur France, Belgique, Suisse et Canada : Belles Lettres Diffusion S.A.S