Résolution #17 : Les Grands Ducs
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— Eh bien, tu es encore dans un bel état ! Comment on peut picoler autant ?!
— J’ai tenté de rester raisonnable pourtant…
— Ça n’a pas l’air d’avoir été très concluant cette tentative.
— Disons que c’était comme un combat intérieur, ma conscience était déchirée en deux, avec une sorte de bon samaritain et un démon tentateur qui se livraient une guerre sans merci. L’un me disait que ce n’était pas bien, l’autre que ce n’était qu’un petit verre et qu’on n’allait pas en faire un plat…
— Et comment tu expliques que c’est toujours ton mauvais côté qui l’emporte ?
— Mon démon intérieur est vachement plus balèze. Et classe.

Résolution #17 – boire modérément : failed
Collector #5 : Super Hero Squad
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Les figurines, ça reste quand même la base, donc hop, on se penche sur la gamme Super Hero Squad.

Après les figurines super-articulées, qui étaient dotées de quatre genoux et six coudes, monsieur Hasbro s'est dit un jour que ce serait bien de faire des trucs qui ne ressemblent pas, après quelques manipulations, à des mecs qui ont fait une séance de yoga sous amphétamine (et qui puissent tenir debout tout seul). Le principe de Super Hero Squad (décliné en dessin animé et jeu vidéo, il est pas con m'sieur Hasbro, faut bien faire connaître le produit) était né.

Du coup, que trouve-t-on dans cette gamme ? Eh bien les héros Marvel, même relativement récents (Sentry, Iron Patriot ou X-23 par exemple), dans des versions cartoony parfois très réussies, d'autres fois... carrément moins.
Niveau prix, la fourchette est large, ça se trouve par tonne sur ebay, dans des tarifs qui vont de "argh, ce mec est un putain de taré, qu'il crève lui et toute sa famille !!" à "oh, ça va". En gros, de plusieurs centaines d'euros (sisi) à quelques euros (ouf).


Les plus déclinés sont Spider-Man, que l'on trouve dans une grande variété de costumes (noir, classique, le rouge et or version Stark...), et Iron Man et ses nombreuses armures (mark I, version Ultimate...), Wolverine n'est pas en reste non plus (costume ancien, moderne, X-Force...). Et bien entendu, un tas de X-Men, Avengers, super-vilains et autres héros "solo".

Certains personnages peuvent tout de même changer légèrement de poses (un membre ou la tête sont alors articulés). D'autres disposent parfois de véhicules (Cap sur une moto) ou de ce que l'on pourrait qualifier d'accessoires (épée, bouclier, cube cosmique, voire émanation de la force Phénix).
Si les visages sont volontairement caricaturaux et enfantins (et parfois moins volontairement ratés), les personnages avec des masques et casques ont souvent bien plus fière allure.


Au niveau des avantages, voilà des figurines solides (vous pouvez les laisser tomber sans friser l'arrêt cardiaque) et bon marché (enfin, la plupart, surtout d'occasion à vrai dire) qui permettent d'avoir rapidement une collection conséquente.
Moins hype que les Pop Funko et plus ciblées enfant, ces figurines ont cet aspect rugueux de certains jouets de notre jeunesse, qui ne payaient pas de mine mais étaient pourtant chargés d'émotion.
Peut-être que pour un adulte, ce n'est pas la plus belle des collections, mais pour le petit enfant que l'on continue de trimballer en nous, contre son gré d'ailleurs (heu... c'est une métaphore, je ne transporte pas dans le coffre de ma bagnole un gamin que j'ai enlevé), c'est un chouette cadeau.







Hypérion
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Nous voilà en partance pour le monde lointain d'Hypérion et ses mystères. Pour certains véritable référence en matière de SF, le roman est-il à la hauteur de sa réputation ?

Si l'on a abordé Dan Simmons par le biais de sa saga d'Elm Haven, l'on est en droit de s'attendre au meilleur tout en craignant le pire (le premier et le troisième opus étant très bons alors que le deuxième était catastrophique). L'on change cependant ici complètement de registre puisqu'il s'agit non plus d'épouvante mais de science-fiction.
Hypérion est en effet une planète sur laquelle sept pèlerins très différents sont chargés de rencontrer le Gritche, entité dont on ne sait pas grand-chose au départ mais dont l'Hégémonie redoute qu'elle (et les Tombeaux du Temps) ne puisse tomber aux mains des Extros, ces derniers menaçant d'envahir les lieux.

Hypérion est en réalité le premier roman d'un cycle (voire de deux cycles distincts) complété par La chute d'Hypérion, Endymion et L'éveil d'Endymion. Pour compliquer l'affaire, le premier livre est édité en poche en deux tomes, coupant ainsi totalement artificiellement l'histoire en deux (alors que le nombre de pages ne le justifie pas).
Sur le fond, l'auteur livre ici un récit aux thématiques très classiques (destin de l'humanité, existence des dieux et/ou du Mal, rapport à la métaphysique et aux religions, pouvoir de la littérature, etc.) mais à la forme plutôt austère, voire parfois franchement peu engageante.

Tout d'abord, le choix narratif est très particulier puisque le roman est composé des histoires personnelles des personnages principaux. L'on est donc presque plus devant plusieurs nouvelles reliées par un thème commun que réellement plongé dans un long récit unique. Ce choix, évidemment volontaire, n'est pas innocent car il hache la progression et dédramatise les évènements (qui sont rapportés et non "vécus en direct").
En plus de ce procédé, deux autres aspects (peut-être moins volontaires déjà) contribuent à rendre Hypérion difficile d'accès.

D'une part les néologismes sont légion, ce qui n'est pas grave en soi, mais ils sont ici dénués de sens la plupart du temps. Au contraire d'un Dune par exemple (qui en regorgeait mais prenait soin de les expliciter ou de les rendre compréhensibles grâce au contexte), tout est ici balancé par poignée sans souci d'éclairer la lanterne du lecteur. Technologies, personnages, batailles, objets, organisations, lieux, périodes, tout cela est étalé dans un joyeux capharnaüm certes exotique mais souvent abscons.
D'autre part, les personnages sont plutôt survolés dans l'ensemble. L'on parvient à les identifier une fois leur récit terminé, mais ils ne génèrent ni empathie ni émotion (on est loin des gamins attachants de Nuit d'Été par exemple).

Tout cela (termes incompréhensibles, personnages sans âme, succession de "morceaux" de vie) aboutit à des moments d'ennui abyssal. Et pourtant, Simmons parvient tout de même à éveiller l'intérêt à plusieurs reprises.
Si certains récits paraissent très longs (celui du père Hoyt notamment), d'autres, comme celui du poète Martin Silenus, sont tout simplement lumineux. Drôle, tragique, parsemée de références littéraires et de questionnements philosophiques, l'histoire de cet écrivain bicentenaire, revenu de tout (même d'une forme de débilité et d'un monde qui se mourait) est une pure réussite.
Il faut d'ailleurs reconnaître que Simmons parvient à donner un style bien particulier à la présentation de chaque personnage.

Enfin, nous sommes en présence d'un univers qui, aussi maladroitement qu'il soit présenté, reste riche et fascinant. Le mystère du Gritche, l'étrangeté des Tombeaux du Temps, le pouvoir du Verbe, la foi, tout cela se mélange et se complète dans un jeu de construction cynique et perfide qui perdra les moins patients des lecteurs mais gagne en cohérence et en pertinence au fil des pages.
Dan Simmons n'a pas écrit un chef-d'œuvre (pas au sens en tout cas d'un 1984, à l'intelligence visionnaire, ou d'un Des Fleurs pour Algernon, au potentiel émotionnel inégalé et à la construction rigoureuse) mais plutôt un roman intéressant, à la fois aride par certains aspects mais néanmoins intrigant voire brillant par moments.
À tester en tout cas malgré un manque de finition et des longueurs qui gâchent réellement le plaisir.


N’avez-vous jamais eu le secret sentiment que, quelque part, en cet instant même, Huckleberry Finn et son ami Jim font avancer leur radeau sur une rivière lointaine, et qu’ils sont beaucoup plus réels que le chausseur oublié qui nous a vendu une paire de souliers pas plus tard qu’hier ?
Hypérion, Dan Simmons


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Le récit de Silenus, magistral.
  • Certains concepts intellectuellement excitants.
  • Un univers pour le moins riche.

  • Une narration qui ne permet pas une immersion facile.
  • Un catalogue de termes et références très SF mais opaques.
  • Des longueurs calamiteuses.
Fin de la Guerre de Darkseid dans Justice League
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En 2011, DC Comics relance ses séries pour séduire de nouveaux lecteurs (le Relaunch New 52). Parmi elles, la célèbre Ligue de Justice (Justice League). Elle reprend des débuts convenus (les fameuses "origines") puis des histoires s'intégrant dans des évènements majeurs et impactant parfois d'autres créations (Le Trône d'Atlantide, La Guerre des Ligues, Le Règne du Mal) avant d'entamer une dernière ligne droite avec La Guerre de Darkseid. Dans la première partie de celle-ci (le huitième tome), les super-héros sont témoins d'un affrontement titanesque entre l'Anti-Monitor et Darkseid. Dans la seconde partie, également dernier tome de la série, ils deviennent des Neo-Dieux. Impressions sur ce Justice League - Tome 09, disponible depuis ce vendredi 21 octobre 2016.

Une galerie impressionnante de personnages gravite autour de cette Guerre de Darkseid. Il y a la Ligue de Justice « classique » qui se scinde en deux. Une partie devient des Neo-Dieux : Batman, Superman, Flash et Lex Luthor pour les principaux, Green Lantern et Shazam pour les secondaires, mais de façon beaucoup plus éphémère et confuse. L'autre partie se compose de Wonder Woman, Jessica (l'hôte de Power Ring, équivalent machiavélique d'un anneau de Green Corps), Steve Trevor et Mister Miracle, alias Scott Free (qui sera rejoint par sa compagne).

Difficile de récapituler tous les enjeux qui ont menés les justiciers à acquérir de nouveaux pouvoir (et donc de rejoindre la divinité). Certains sont le fruit de la mort de Darkseid, survenue en fin de volume précédent, d'autres de la visite sur la planète Apokolips (Lex Luthor et Superman), ou encore, en s'asseyant simplement sur le trône de Mobius (Batman). Mobius est le nom de l'Anti-Monitor, l'entité qui a tué Darkseid, avec l'aide de la fille de celui-ci : Graal. Il espère ainsi recouvrer son identité. Responsable de la venue de la Société du Crime sur la Terre de la Justice League (voir Le Règne du Mal), cette dernière refait surface, en plus des sbires de Darkseid souhaitant venger leur maître. En plus de ces (nombreux) conflits, les Neo-Dieux de la Ligue de Justice doivent se contrôler et continuer de défendre leur Terre.


Tout cela peut paraître complexe, mais il n'en est rien si l'on a relu le tome précédent juste avant. Toutefois, quelques chapitres annexes sont à découvrir en kiosque dans Justice League Univers #2, qui est malheureusement paru fin août. Pour les complétistes, c'est un ajout non négligeable pour explorer les six justiciers dotés de pouvoirs divins. Il n'est pas indispensable non plus à la compréhension globale de l'ensemble (qui plus est, ces six histoires « one-shot » sont d'une qualité très inégale).

Ces bases posées, que nous apporte cette fin de série ? Du divertissement efficace. Geoff Johns, scénariste depuis le premier tome, ne cherche pas à écrire un labyrinthe intello où les neurones seraient mis à rude épreuve. Il ne prend pas son lecteur pour un imbécile pour autant et lui offre une plongée épique chez des héros de papier, alternant hommage (à Jack Kirby) et élégante modernité.


Il est aidé par deux talentueux artistes aux crayons et pinceaux : Francis Manapul (qui officie sur la série Flash) et Jason Fabok (déjà complice sur certains tomes précédents). Tous deux ont un style nettement différent mais d'un somptueux raffinement. Ivan Reis, Paul Pelletier et Oscar Jimenez œuvrent sur un chapitre, gardant une parfaite cohérence graphique avec les planches de Fabok.


L'histoire se déroule parfois trop rapidement, avec un survol dommageable (voire une absence) de chaque cas unique des Neo-Dieux. Ce statut divin chez plusieurs membres de la Ligue n'est finalement pas assez exploré (ou pas de façon pertinente et passionnante). Malgré ces quelques défauts, l'ouvrage se lit très bien, avec enthousiasme, brillamment narrée par Wonder Woman.

Les aventures de la Justice League s'achèvent après plus de cinquante chapitres à la qualité hétérogène, mais qui auront eu le mérite de redorer le blason d'une équipe qui était mal éditée auparavant en France.

Une fin synonyme de « nouveau départ » pour quasiment tout le monde (à commencer par Diana justement, mais aussi le Chevalier Noir, l'Homme d'Acier et Lex Luthor), pour transiter en douceur vers « DC Rebirth », le nouveau relaunch de l'éditeur. Là encore, il peut s'agir d'une conclusion amère, pas significativement fermée et décevante. Mais peu importe, les faiblesses de ce dernier tome se masquent astucieusement derrière ses qualités.

Article partiellement repris du site ComicsBatman.fr par le même auteur.


+ Les points positifs - Les points négatifs
  • Un divertissement efficace. 
  • Les dessins de Jason Fabok et Francis Manapul.
  • Mise en avant de Wonder Woman.
  • Des personnages secondaires qui prennent de l'importance.
  • Une conclusion satisfaisante qui reprend d'anciens éléments de la série.
  • Des combats épiques.
  • Un fin correcte mais très ouverte…
  • … qui est surtout un "nouveau départ" pour tout le monde.
  • Certains héros en retrait.
  • Les évolutions en Neo-Dieux trop rapides...
  • ... et à découvrir en version "complète" dans un autre recueil.
  • Une situation unique pas assez exploitée.
  • Une légère absence de questionnement moral sur le statut divin.
Résolution #16 : Spleen
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— Tu sais ce qu’on dit, une de perdue…
— Attends, tu ne vas pas me sortir ce vieux cliché ridicule.
— J’essaie de t’aider. Je ne suis pas spécialiste des relations de couple, moi à la base je suis une créature infernale, je te le rappelle.
— Ben justement, tu devrais en connaître un rayon sur les gonzesses.
— Tu dis ça parce que tu es triste, elle n’est pas démoniaque, juste vexée.
— Elle s’est barrée le jour de notre mariage quand même.
— Oui mais tu as aligné les conneries il faut dire. Déjà le coup de la Batmobile de location, c’était moyen. Tes témoins habillés en Green Lantern, heu, bon, même moi je trouve ça spécial. Mais mettre le générique de Goldorak à l’église à la place de la marche nuptiale, là franchement, tu pousses.  
— Elle reviendra tu crois ?
— Mais oui ! Elle le sait que tu es un crétin, faut juste qu’elle s’y fasse.

Résolution #16 – Ne plus discuter de mes problèmes avec des amis imaginaires : failed 
Step Back in Time #7 : shoot, pouvoirs & enquêtes
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Séquence nostalgie avec le retour de nos Step Back in Time, commencés sur la précédente version d'UMAC (cf. ces articles). Au menu aujourd'hui : un jeu Megadrive, une bonne série télé de derrière les fagots et du polar jeunesse.


-- CONSOLE : à dada sur une drôle de bestiole --


Si l'on peut s'enthousiasmer pour certains jeux récents, au graphisme époustouflant et au gameplay réaliste, il est bien entendu toujours possible d'avoir un coup de cœur pour ces jeux qui font... "jeux", comme les Mario chez Nintendo ou le volontairement rétro Shovel Knight.
L'avantage de ces jeux ne basant pas tout sur les dernières innovations techniques ou l'aspect "vrai" reste qu'ils parviennent à souvent moins mal vieillir que les autres. C'est le cas de Wonder Boy III : Monster Lair.

À l'époque, lorsque le jeu sort sur Megadrive, je suis sur un petit nuage ! Pour y avoir longuement joué en salle d'arcade, je sais d'avance qu'il s'agit d'un petit bijou (et effectivement, il deviendra, avec Kid Chameleon, l'un de mes meilleurs souvenirs sur cette console).
Ce Wonder Boy commence comme un jeu de plateforme classique avant de dévoiler sa particularité : de très longues phases de shoot'em up à scrolling horizontal. Dans ces niveaux, le personnage chevauche alors une sorte de mini-licorne rose volante (le LSD a fait beaucoup pour le monde des jeux) et doit buter les ennemis qui débarquent par grappes de douze. Pour bien déglinguer ces salopards, il sera possible de récolter de nombreuses armes différentes (à l'utilisation limitée dans le temps) : boules de flamme tournoyantes, cercles qui se dédoublent, missiles...


Question adversaires, c'est assez varié et basé sur le règne animal (perroquets, abeilles, serpents, pingouins/bonshommes de neige...). Chaque niveau se termine classiquement par un boss qui va progressivement changer de couleur au fur et à mesure qu'on lui balance des tirs dans la trogne (ou ailleurs). Là encore, les développeurs se sont parfois laissé franchement aller, l'on affrontera par exemple un champignon-machine à sous. Ah, il fallait oser l'association quand même. On déplore d'ailleurs l'absence d'une asperge-tondeuse à gazon.

Avec son design mignon, ces décors variés et son action non-stop, Monster Lair, sans être trop difficile, s'avérait idéal pour passer un bon moment. Avec un peu d'entrainement - et une fois les déplacements des boss bien en tête - il était possible de terminer le jeu en moins de trois quarts d'heure, presque sans y penser.
Bref, du casual sans prétention mais parfaitement réalisé et terriblement prenant. À tester absolument si le retrogaming vous intéresse.



-- SÉRIE TV : effets à l'ancienne --


Si aujourd'hui les films et séries impliquant des super-pouvoirs sont monnaie courante, dans les années 80, c'était loin d'être le cas. Il est donc normal que Misfits of Science, intitulé Superminds en France, ait marqué les esprits.

Alors, quand on dit "marquer les esprits", il ne faut rien exagérer, disons qu'il ne fallait pas rater le coche car l'expérience a été assez brève : un pilote de 90 minutes et 15 épisodes. Voyons déjà de quoi il était question.
Le docteur William Hayes s'occupe de recherches paranormales pour le compte de la société Humanidyne. Il est le leader d'un petit groupe de surhumains comprenant Elvin Lincoln, un Noir de 2,14 mètres qui peut rapetisser jusqu'à une trentaine de centimètres, John Bukowski, un rockeur qui, suite à un accident, peut lancer des décharges électriques et se déplacer à grande vitesse, et enfin Gloria Dinallo, jeune fille née avec des pouvoirs de télékinésie.

Les épisodes, maniant l'humour, parodiaient ou faisaient souvent référence à un film ou une autre série (Indiana Jones, Wargames, Deux flics à Miami...). L'atout charme en était incontestablement la belle Gloria, autrement dit la très jeune Courteney Cox qui allait devenir, bien plus tard, une star grâce à son personnage de Monica dans Friends.
Évidemment, avec un regard actuel, les effets spéciaux sont complètement dépassés. Mais certaines idées étaient aussi assez étranges dès le départ. Ce pauvre Elvin par exemple, qui peut rétrécir jusqu'à trente centimètres... mais qu'est-ce que c'est que ce pouvoir de merde ? Ce n'est pas assez petit pour pouvoir vraiment passer inaperçu ou pour se faufiler sous une porte, ça n'apporte en fait pratiquement aucun avantage, si ce n'est la joie de voir les trucages hideux quand l'un de ses compères le porte dans ses mains.


D'un autre côté, la réalisation n'était pas si mauvaise et parvenait à trouver des astuces pour "montrer" par exemple la télékinésie en action (Gloria se tenant la tête, les yeux exorbités, et clignotant rapidement en négatif). C'est très kitsch de nos jours mais ça passait très bien à l'époque. De toute façon, dès que Gloria montrait son doux minois, on se foutait pas mal des effets spéciaux. ;o)
Et puis, non seulement le générique était cool (ooh, like science, straight from my heaaaart !), mais, malgré la mode de l'époque, il n'avait pas été odieusement trituré en français. On imagine avec horreur une VF par Bernard Minet.

Attention à tous les bandits !
Voici venir Elvin, Gloria et Johnny ! 
Ils sont trois, ils ont des pouvoirs !
Télékinésie, électricité et petit Noir !
Superminds, Superminds, héros de la science !

Tain, mais je l'entends le chanter en fait.
Enfin, tout ça pour dire que c'était très sympa de découvrir ça sur les défuntes TV6 ou La Cinq. Si ça vous tente, c'est dispo à 27 euros en DVD.



-- ROMANS : sous la plume de Boileau-Narcejac -- 


Je dois beaucoup, dans mes (très) jeunes années, à Blyton ou Bayard en ce qui concerne ma fascination pour le Papier et les Livres, mais si le Club des Cinq et la série des Michel restent très célèbres, il existe d'autres romans très bien écrits et parfaitement adaptés au jeune public. Parmi ceux-ci, les excellents Sans Atout de Boileau-Narcejac.

Expliquons tout d'abord la particularité de la signature. Boileau-Narcejac est le nom de plume du duo formé par Pierre-Louis Boileau et Pierre Ayraud, dit Thomas Narcejac. Les deux hommes sont exceptionnels à plus d'un titre. Outre le fait que certains de leurs récits aient été adaptés par des grands noms du cinéma (Hitchcock, Clouzot), il est rare de voir des écrivains fonctionner aussi efficacement en tandem (l'écriture à quatre mains ayant tendance à "lisser" le style) et encore plus rare de voir des auteurs de polars à succès se lancer, avec le même succès justement, dans la littérature jeunesse.
Leurs Sans Atout sont écrits avec un respect infini des enfants, non en édulcorant (enfin, ça reste de la littérature jeunesse évidemment, ça ne convient pas à un adolescent ou un adulte) mais justement en ne les prenant pas pour des imbéciles, les énigmes policières étant fort bien construites.
Et comment oublier quelqu'un qui ne vous prend pas pour un con et vous respecte ?

François Robion (OK, le nom n'est pas extraordinaire) est un adolescent futé mais désordonné, qui a été affublé du surnom de Sans Atout après que son professeur, suite à un énième oubli du gaillard, lui a fait remarquer que l'ordre était l'un des plus grands atouts dans la vie.
Mais des atouts, il n'en manque pourtant pas puisqu'il parvient régulièrement à dénouer les fils d'énigmes complexes.

Du château familial de Kermoal à Londres, d'un tableau qui porte malheur à un fantôme tueur, François va se frotter à des monstres souvent bien humains.
Plus moderne que Le Club des Cinq (et plus âgé que son leader), plus solitaire aussi que le Michel de la série éponyme (qui était souvent accompagné de son cousin Daniel), Sans Atout s'avère être un héros futé, sympathique et plus profond parfois que ses cousins de fiction. François prend parfois des décisions subtiles, destinées non pas à se conformer à la loi ou la morale mais à ses convictions personnelles, pour épargner par exemple une peine inutile à l'une de ses connaissances.
Certains thèmes sont également très matures (la perte du "territoire" de l'enfance, la famille recomposée...) et démontrent que l'on peut parler de tout aux enfants pour peu que l'on ait un peu de tact et d'énormes compétences.

Concrètement, les livres sont encore facilement trouvables et ont connu bien des versions, avec changement de couvertures. Ce ne sont d'ailleurs pas forcément les plus récentes (trop "enfantines") qui sont les plus réussies. En poche, les aventures de Sans Atout se dénichent à moins de 7 euros. J'espère simplement que le contenu n'a pas été trituré, à l'image de bien des pans de la littérature jeunesse (cf. cet article).

Les gamins lisent de moins en moins aujourd'hui. C'est triste. Non pas pour les livres et les auteurs mais pour eux, pour ces jeunes qui se privent d'un plaisir, d'une sensation, d'univers que ne remplaceront ni les films ni les jeux.
Le papier, cette matière si fragile, peut apporter beaucoup. Surtout à un enfant. Alors, si vraiment, jeune ami lecteur [1], tu n'aimes pas lire, ne condamne pas tout en bloc, ce n'est pas la bonne méthode. Essaye simplement d'autres auteurs, d'autres formes. On peut aimer Mario Kart et détester Tetris. Ou ne pas accrocher à Star Wars et être fasciné par Matrix. Les livres sont comme les autres pans de la pop culture. Ils sont Légion.
Et dans la multitude, l'un d'eux t'attend forcément.


[1] Je fais semblant de m'adresser directement à un enfant, mais j'imagine que j'ai bien plus de chance de voir ici leurs parents. De mon expérience de lecteur, d'auteur et de père, je n'ai retenu qu'une chose : ce qui nous a plu ne plaira peut-être pas à nos enfants. Il ne nous revient pas de leur imposer des lectures mais de faciliter leur accession aux livres, quels qu'ils soient.
Comic Con Paris du 21 au 23 octobre
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La seconde édition * du Comic Con Paris a lieu du vendredi 21 au dimanche 23 octobre, à la Grande Halle de la Villette (près du Zénith de la capitale).



Les portes de la convention ouvrent dès 9h30 et se ferment à 19h00, à l'exception notable du dimanche (18h00). Il faudra se délester de 21,99€ pour obtenir une entrée d'une journée, ou bien de 59,90€ pour un pass trois jours. Qui peut-on voir et que peut-on faire pour cette somme ? Tour d'horizon.

Après une première édition en demi-teinte, les organisateurs ont tiré quelques leçons et axent davantage la Comic Con sous l'angle des Comics. Sous-titrée « Festival Pop Culture » et auréolée d'une affiche française spécialement créée pour l'occasion, on peut y lire que les quatre grandes priorités sont Comics / Cinéma / Séries TV / Gaming. Côté comics, une myriade d'artistes sont prévus : Mirko Colak (Red Skull), Chad Hardin (Harley Quinn), Erik Larsen (Spawn), Tony Moore (Walking Dead), Greg Pak (Iron Man), Marcus To (Batwing), Terry Moore (Rachel Rising)…

Quelques éditeurs français inviteront aussi leurs propres auteurs, comme le dessinateur de l'affiche du festival Marco Checchetto (Punisher) et David Lopez (All-New Wolverine) chez Panini Comics. Igor Kordey (Star Wars) chez Delcourt, Kieron Gillen & Jamie McKelvie (The Wicked + The Divine) chez Glénat Comics, Trevor Hairsine (Divinity) chez Bliss Comics. Outre cette sélection exhaustive (l'intégralité est à retrouver sur le site officiel de la convention — assez complet mais peu clair dans sa navigation et pas très pratique), on notera la présence de Jean-Claude Mézières et Pierre Christin (Valérian et Laureline). L'occasion d'obtenir quelques dédicaces de tout ce beau monde.

On constate qu'Urban Comics ne tient pas de stand, donc pas d'invités de leur part, et qu'il n'y a pas non plus de « grandes têtes d'affiches, un chouilla plus grand public et/ou mythiques » à l'inverse de la première édition (Frank Miller et Brian Azzarello).


Pour le Cinéma et les Séries TV, l'annonce très récente de la venue de Mike Colter (Luke Cage) et Carice Van Houten (Melissandre dans Game of Thrones) devraient motiver la venue des réticents. Ceux-ci s'ajoutent à Dominic Purcell (Prison Break) et Eliza Dushku (Buffy contre les vampires). Katie Cassidy (Arrow) a annulé sa présence. Joe Dante (réalisateur des Gremlins) était annoncé durant l'été mais il n'est plus indiqué dans la liste des invités.

Pour les non-habitués de ce type d'évènements, l'autographe d'un invité prestigieux se paie entre 15 et 20€, tandis que la photo pour poser à côté de la star varie entre 35 et 40€. On peut même dîner avec certains d'entre eux pour la modique somme de 250€ ! Pour ce dernier, il est précisé que  « le Talent se déplacera de table en table pour venir à votre rencontre ! […] Attention, l’achat d’un pack dîner ne donne pas accès au festival, l’achat d’un billet d’entrée est donc obligatoire. »


Les amateurs du septième art seront toutefois ravis de pouvoir assister aux projections en avant-première de Premier Contact (de Denis Villeneuve), Sausage Party (de Conrad Vernon et Greg Tiernan) et Dr Strange (de Scott Derrickson). Le site de la Comic Con ne précise pas s'il y a un supplément à payer pour y assister, donc « logiquement » non, mais les places risquent d'être attribuées aux premiers arrivées.


Également au programme, des conférences et Masterclass de Michel Hazanivicius, Rebecca Romijn, quelques humoristes (Baptiste Lecaplain, Thomas VDB…) et YouTubeurs (Golden Moustache, Jigmé…), un traditionnel concours de cosplay sera de la partie, ainsi que des stands Star Wars, de nombreuses boutiques, etc. Quelques polémiques enflent déjà sur le festival, à propos du prix d'une table de l'Artist Alley (360€ tout de même), du prix d'entrée, du côté un peu « fourre-tout » du Comic Con, de la liste des invités, etc. On se fera notre propre avis en se rendant sur place, mais il est vrai qu'au premier abord, bien qu'alléchant pour les fans, on reste un peu dubitatif en lisant le programme, la liste des invités, les prix et les coûts à prévoir (dédicaces, photos, en plus du déplacement et logement parisien pour ceux qui n'y habitent pas)…


Toutes les informations complémentaires sont sur le site officiel de la convention. On y apprend, par exemple, qu'il n'y a pas de distributeur d'argent dans l'enceinte du lieu, il est donc conseillé d'arriver avec de la monnaie. Près de 50.000 visiteurs sont attendus (la première édition en avait rassemblé 30.000).

* Il s'agit en fait de la septième, les cinq premières ayant eu lieu conjointement et au sein de la Japan Expo de 2009 à 2013.



UMAC's Digest #27
Par
Les sélections UMAC dans l'actu de la pop culture



-- COSMIQUE --

Habituellement client des épopées cosmiques marvelliennes, surtout celles pilotées par le maître Jim Starlin (lequel avait en son temps fait de Mar-Vell, le rebelle kree, un héros merveilleux, et de Thanos, le Titan fou, un être puissamment fascinant), c’est Vance qui s’est attaqué à Thanos & Warlock : L’entité de l’infini.
Il faut bien avouer que même pour lui, la coupe commence à être pleine. D’abord le profane sera trompé honteusement par la couverture, avec un Thanos triomphal surplombé par son nom en lettres géantes, alors que l’intégralité du récit concerne Warlock – et même pas celui de notre réalité, en plus ! Celui-ci va passer son temps (et abuser du nôtre) en cherchant à trouver un sens à son existence vu qu’il a perdu la mémoire mais gagné un pouvoir incommensurable (d’un revers de main, il balaie les entités cosmiques qui dominent notre réalité).
Bref, explorant davantage sa cosmogonie complexe et les implications philosophiques liées aux êtres dont les pouvoirs dépassent l'entendement, Starlin nous délivre ici une œuvre confuse, au rythme calé sur les questionnements d'un personnage manquant autant de charisme que de souvenirs, qui nous perd en se cherchant. Potentiellement intriguant, mais déroutant et parfois chiant.
#bof



-- FAMILLE MODÈLE --

Halloween approche ! Et pour rentrer dans l'ambiance, rien de mieux que ce véritable jalon de la pop culture fantastique, petit bijou d’humour noir et de comédie, La Famille Addams ! Archi connue avec les déclinaisons en séries TV et films, la célèbre famille macabre a d’abord été une bande dessinée débutée dans les années 30. Une première traduction était sortie en poche dans les années 90, chez Presses Pocket, et était depuis lors introuvable. Désormais, c’est un gros et beau livre de plus de 200 pages qui revient d’outre-tombe via l’éditeur Huginn & Muninn pour nous conter le quotidien d’une famille de monstres... Mercredi, Cousin Machin, Morticia et bien d'autres vous attendent pour prendre le thé dans leur poussiéreuse demeure. Brrrrrrr.
#monsters


-- AUTOUR DU MONDE --

Un beau projet pour les plus petits avec Annie et Kuma, de Jérémy Semet et Olivier Romac.
Il s'agit d'une série jeunesse, destinée aux enfants de 3 à 7 ans, visant à faire découvrir les pays et cultures du monde entier et à attiser la curiosité de nos bambins au travers des périples d'Annie, petite fille curieuse, et de son ourson Kuma.
Trois tomes (couvrant le Japon, l'Angleterre et la Chine) sont en production. Le premier album de 32 pages est prévu pour janvier 2017 chez Kotoji. Un financement participatif a été mis en place pour aider à la réalisation de ces livres. N'hésitez pas à visiter la page et à en parler autour de vous !
#globe-trotter



-- CLASSIQUES EN MANGA --

Étudiants préférant lire un digest, curieux souhaitant découvrir dans une version simplifiée et condensée les grands classiques de la littérature et de la pensée avant d'attaquer les écrits originaux, les éditions Soleil Manga s'adressent à vous avec la publication d'ouvrages nippons de vulgarisation des textes jalons sur les idées fondatrices de nos sociétés.
Après des titres comme Le prince de Machiavel, L'ancien et Le Nouveau Testament, De l'interprétation des rêves de Sigmund Freud, etc., dans des adaptations plus au moins réussies (que ce soit sur les points abordés ou les graphismes), la nouvelle fournée proposera une réédition en un seul volume du Capital de Karl Marx, mais aussi des inédits : Du contrat social de Jean-Jacques Rousseau, La théorie de la relativité d'Albert Einstein et Ainsi parlait Zarathoustra de Friedrich Nietzsche.
#t'aspasleDVDplutôt?


-- NETFLIX --

Le tournage de la série Netflix consacrée au Punisher a débuté, la diffusion étant annoncée pour novembre 2017.
C'est Jon Bernthal qui reprend logiquement le rôle de Frank Castle, qu'il a tenu dans la série Daredevil. Pour info, si vraiment vous débarquez d'un stage d'isolement sensoriel sur Mars, le Punisher est un anti-héros qui, rare exception chez Marvel, bute les salopards qu'il traque. Il n'a pas de pouvoirs mais des flingues et beaucoup de munitions.
En attendant une série Spider-Man, qui aurait quand même de la gueule (en tout cas plus que les films), ça sera toujours ça à se mettre sous la rétine.
#grandnettoyage



-- ABRACADABRA --

La diffusion de The Magicians a débuté sur Syfy (France) voici quelques jours (les premiers épisodes continuant d'être rediffusés régulièrement si vous avez raté le début).
Tirée des romans de Lev Grossman, la série se veut une sorte d'Harry Potter pour adulte mais reprend bien des codes du magicien british, à commencer par le lieu d'apprentissage de la magie (ici une université) ou la menace d'une entité intéressée par le jeune, naïf et parfois nunuche Quentin Coldwater.
Le début, sans être d'une originalité folle, se laisse regarder et mêle merveilleux (avec notamment des univers oniriques romanesques) et thèmes plus graves (comme la folie). Avec un peu de sexe histoire de montrer qu'Harry, enfin, Quentin, a maintenant une b... une libido.
À tester.
#garcimore2.0



-- ROAD TRIP --

Après la Nuit des Comics à Bordeaux le mois dernier, Urban Comics prévoit une "tournée" en France ce mois-ci, avec notamment Brian K. Vaughan. Des dates sont prévues à Besançon, Angers, Toulouse, Le Mans et Nancy. Tous les détails ici.
Rappelons que Vaughan est l'auteur de Y le dernier homme, Saga ou encore des premières saisons de la série Runaways.
#serviàdomicile